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Le Serment des Cendres

Le traître démasqué

2 min de lecture

A

Ils n'auraient jamais dû être retrouvés si vite. Personne ne connaissait le Premier Âtre. Personne — sauf celui qui les avait vendus.

Les soldats de Vael fondirent sur le camp à l'aube, et à leur tête, sur un cheval trop neuf, souriant de son sourire trop large, chevauchait Orvann.

« La petite de Bas-Sorne », lança-t-il, savourant. « Et le grand commandant déchu. Vous savez combien l'Archonte paie pour vous deux ? De quoi acheter un titre. De quoi effacer un nom de marchand. »

« Toi », cracha Naïa. « Depuis le début. Le sabotage du mur est. Les rumeurs. C'était toi. »

« L'Archonte a besoin d'yeux parmi les recrues », haussa les épaules Orvann. « Et moi j'ai besoin d'avenir. Le mur est, c'était son idée — affaiblir Fort-Cendre pour forcer la main du Conseil, pour rendre le Rite inévitable. Moi, j'ai juste ouvert quelques cuves. » Son sourire vacilla une seconde. « Je ne pensais pas qu'il y aurait tant de morts. »

« Tu n'as pas pensé du tout », dit Kael, glacial, l'épée déjà tirée.

Le combat fut bref et féroce. Kael et Naïa, liés, valaient à eux deux une compagnie ; Tissa couvrait leurs flancs. Mais les soldats étaient nombreux, et c'était une embuscade. Dans la mêlée, Naïa vit Orvann lever une arbalète — non vers elle, mais vers Kael, dont le dos était tourné.

Elle hurla. Trop tard.

Tissa s'interposa.

Le carreau qui était pour Kael se planta dans l'épaule de la rousse, qui s'effondra avec un cri. Naïa, la rage décuplant son feu, balaya les derniers soldats d'une vague de cendrefeu et fondit sur Orvann — mais le traître, lâche jusqu'au bout, avait déjà éperonné son cheval et fuyait vers la montagne, vers Vael, pour annoncer où ils étaient.

« Laisse-le ! » cria Kael en se précipitant vers Tissa. « Elle d'abord ! »

Naïa tomba à genoux près de son amie. Le carreau était profond, le sang abondant, mais Tissa respirait, et elle eut même la force d'un rictus.

« Idiote », souffla Naïa, les mains pressées sur la plaie. « Pourquoi tu as fait ça ? »

« Parce que… si tu le perds… » haleta Tissa, « …tu ne pourras pas fermer la Faille. Il faut être deux, tu l'as dit. » Son sourire se fit pâle. « Égoïsme pur, je te jure. Je veux juste… que le monde tienne… encore un peu. »

Ils la stabilisèrent, la hissèrent sur un cheval. Mais le mal était fait : Orvann filait vers Vael, leur cachette était éventée, et la course contre la montre venait de commencer. L'Archonte saurait bientôt qu'ils connaissaient la vraie nature du Rite. Et un homme comme Vael ne laisserait jamais une vérité aussi dangereuse leur survivre.

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