SF
2006
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Les pieces dont il est question ici s'inscrivent toutes dans un espace apocalyptique, jailli des spectres d'Auschwitz. Elles posent la question de l'art et de la representation apres la Shoah : tout l'univers pue le cadavre, ecrit Beckett dans Fin de partie. Cette affirmation ne cesse de ricocher, attestee par les genocides recents. Poemes barbares, ces pieces ne parlent pas d'Auschwitz, elles parlent Auschwitz. Theatre de la cendre, theatre de toutes les cruautes, une dramaturgie du desastre s'elabore qui dit ce que l'homme a de plus humain : son inhumanite. Dans leur beaute plurielle, ces oeuvres sont autant d'eclats qui tentent de depasser cette aporie ethique et esthetique. Elles s'engagent dans une redefinition des genres theatraux, et en particulier de la forme de la tragedie devenue obsolete : la Catastrophe devient epiphanie. Les voix qui resonnent sur la scene anglaise contemporaine tentent sans cesse de reconquerir la parole : le theatre fait le deuil de son deuil.
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